Consommation Rebelle

Comment renouveler sa garde-robe pour trois fois rien ?

Cela fait presque deux ans que je n’ai rien acheté dans un magasin de première main du style Zara ou H&M. Je dis ‘presque’ parce que je suis quand même entrée dans des enseignes de ce type pour acheter des chaussettes, des sous-vêtements, un maillot de bain, une paire de baskets, et deux trois t-shirts. Mais à part ça, rien. Pas d’achat de première main. Et puisque je vous parle de renouvèlement, cela veut dire que j’ai bien acquis de nouveaux vêtements pendant ces deux années. D’ailleurs ma garde-robe n’a jamais autant été de qualité. Je n’ai jamais payé si peu pour ce que j’ai. Et je n’ai jamais gagné autant de temps que depuis que j’ai changé mon mode de consommation de vêtements.

 

Alors comment est-ce que j’ai fait ?

La magie des friperies 

C’est avec les friperies que j’ai été initiée à la seconde main. Tout a commencé quand j’ai déménagé de France pour aller m’installer à Montréal. Je n’avais pris que très peu d’affaires avec moi. J’ai donc dû acheter de nombreux essentiels, comme des meubles, de la vaisselle ou des accessoires de maison. N’ayant pas de voiture, j’ai essayé de tout acheter à distance de marche par rapport à chez moi. Et il s’avère que je suis très bien tombée ; il y a trois magasins de seconde main à moins de 20 minutes à pied de mon appartement.

Émerveillée. C’est ce que j’ai été la première fois que j’ai franchi la porte de l’Armée du Salut. Il y avait tout au même endroit : meubles, accessoires de maison, déco, vêtement, chaussures, jouets, luminaires. Le tout de bonne qualité, pour beaucoup moins cher que partout ailleurs.

 

Des vêtements 7 fois moins chers

Une fois mon appartement meublé, je suis retournée fréquemment visiter mon trio de magasin de seconde main. Au point que je trouvais ça complètement aberrant d’aller dans un magasin de première main. Pourquoi payer 50$ (environ 30€) pour un jeans quand je peux le payer 7$ (environ 4,50€) ? Pourquoi m’épuiser à lutter contre le monde, à faire la queue aux cabines et à la caisse quand je peux tout faire en moins d’une heure et dans un seul magasin ? Pourquoi faire quatre styles de magasins différents (vêtements, chaussures, déco) quand je peux tout trouver au même endroit ?

C’est en réfléchissant de cette manière que j’ai arrêté de considérer la première main comme une option. Sans me forcer, mais plutôt en pensant en premier à mon budget, mon bien être, et mon temps. Aujourd’hui, plus de 70 % de ma garde-robe (chaussures comprises) sont issues de la seconde main.

 

Consommation Rebelle - De beaux vêtements

Dans ma friperie préférée (Renaissance – De Castelnau – Montréal)

 

 

Quelques conseils pour trouver le “vêtement rare”

  • Les friperies n’ont rien à voir avec Zara. Ne vous attendez donc pas à l’offre disponible dans les magasins de première main. Vous ne trouverez que des pièces uniques, rangées probablement par taille et catégories, dans un environnement modeste.
  • N’y allez pas avec une liste précise en tête, ou un besoin particulier ; vous allez être déçu(e). Allez-y l’esprit ouvert. Traversez les rayons et regardez tout.
  • Ne vous arrêtez pas à la première fois. Si vous ne trouvez rien de bien la première fois, retournez-y une autre fois, ou essayez une autre friperie. Je vous le dis, c’est incroyable tout ce qu’on peut y trouver.
  • Sélectionnez des friperies qui sont économiques (Armée du Salut, Oxfam, Renaissance, Emmaus, Village des Valeurs). N’allez pas dans les friperies qui coûtent autant que Zara, voire plus (parce que ça existe). L’idée est de faire des économies. Demandez autour de vous, faites des recherches sur internet, et testez.
  • N’achetez pas tout le magasin parce que ce n’est pas cher. N’achetez que de l’optimal. L’objectif est d’avoir une facture moins chère qu’ailleurs et pas de l’égaler à votre shopping habituel en ayant quatre fois plus de vêtements. Si vous avez besoin d’une tenue, arrêtez-vous à la tenue.
  • Option challenge : si vous avez le goût du défi, mettez-vous un petit budget à respecter. Vous serez enchanté(e) du résultat.

 

N’écoutez pas les mauvaises langues

Qui dit seconde main, dit déjà porté ou utilisé. J’en ai entendu des choses lorsque je dis que je m’habille uniquement en seconde main : c’est sale, il y a des puces, c’est de la mauvaise qualité, tu vas attraper des maladies, blablabla… La plupart de ces remarques sont faites par des gens qui n’ont jamais franchi la porte d’un magasin de seconde main. Comment peuvent-ils savoir alors ? Éloignez-vous de ces commentaires et jugez par vous-même.

Évidemment, vu qu’ils ont déjà été portés, je lave automatiquement les vêtements que j’achète avant de les mettre (ou de les placer dans mon appart’ s’il s’agit de déco ou de meubles). Pour ceux qui veulent doubler leur chance de propreté, je vous conseille de mettre votre linge acheté dans un sac plastique et de le laisser 48h dans votre congélateur. Ainsi toute trace de puces sera anéantie. Ensuite lavez-le.

 

Quelques exemples de tenues de seconde main

 

La gratuité et le fun de l’échange de vêtements

L’autre découverte qui a chamboulé toute ma consommation de vêtements est l’échange. Mon premier événement de ce type remonte à deux ans. Le concept : venir avec un nombre X de vêtements (chaussures et accessoires) et repartir avec le même nombre ou moins, en fonction de mes trouvailles. Je me rappelle encore l’excitation que j’ai ressentie quelques secondes avant que le top (de l’échange) soit lancé. La même que lorsque j’ouvre mes cadeaux d’anniversaire. C’est sûr, j’étais beaucoup trop intense. Mais j’ai tout aimé dans ce concept. En plus d’avoir trouvé des perles rares, j’ai rencontré des personnes fantastiques, impliquées dans la volonté de changer leur mode de consommation. Le tout pour 0$, et ça c’est ce que j’appelle un sacré bon plan.

Échanger à gogo

Complètement séduite par ce concept, je suis allée dans différents types d’échange, que ce soit avec des gens que je ne connaissais pas dans des lieux public (café, espace de coworking) ou chez une amie avec un cercle de personnes plus restreint. Dans tous les cas, je me sépare toujours de vêtements que je ne mets plus pour récupérer d’autres pièces. L’échange vaut définitivement le coup. Soyez curieux, regardez sur Facebook ou sur internet, il y en a forcément qui existent proche de chez vous. Et si ce n’est pas le cas, organisez une soirée chez vous avec vos ami(e)s. Que vos ami(e)s ramènent leurs ami(e)s. Surtout qu’ils ramènent de beaux vêtements. Vous verrez que vous aurez une bien belle pile de vêtements à échanger.

 

Un beau concept

Pour les montréalais(es), je vous recommande vivement de suivre la page FB de Dress Me UP. Le concept est développé par Élodie, qui fait ça depuis maintenant un peu plus de 2 ans. Elle en est à sa 9ème édition. Je n’ai loupé qu’un seul de ces événements parce que j’étais à l’étranger. Chaque édition est mieux que la précédente. C’est incroyable le chemin qu’elle a parcouru. Au début nous étions une petite quarantaine dans un bar sombre. Aujourd’hui nous sommes une soixantaine et tout autant sur la liste d’attente, dans un lumineux et spacieux loft créatif. En plus de trouver du très beau linge, on participe à une belle action. Tous les vêtements restants sont déposés à une association venant en aides aux femmes. Je suis une fan inconditionnelle et toujours dans les premières à m’inscrire aux trocs d’Élodie.

 

Consommation Rebelle - De beaux vêtements - Dress Me UP

 

Troc Party, 8e édition, © Dress me up

 

Demandez, vous serez servi(e)

C’est fou comme parfois on peut oublier la simplicité des choses. Notre premier réflexe quand il nous manque quelque chose est de tout de suite l’acheter. Alors qu’on pourrait le combler en demandant.

Petite anecdote : un jour, je voulais construire une petite table basse pour ma terrasse avec des chutes de bois trouvées dans la rue (déjà le concept était économique). La coupe de bois coutait 1$ et j’avais 6 coupes à faire. 6$ la table « fait maison », c’est autant que de l’acheter seconde main. Dilemme. À ce moment-là, j’entends quelqu’un couper du bois dans ma rue. Coïncidence ? Je sors avec mes bouts de bois sous le bras, marche vers le bruit de scie, et demande gentiment au monsieur. Il accepte. Deux minutes et 6$ d’économie plus tard, me voilà avec mes bouts de bois fraichement coupés.

Depuis ce jour, à chaque fois que j’ai un besoin je regarde toutes mes options gratuites pour le combler : demander un service ? Échanger ? Si ces deux derniers ne sont pas possible, alors j’achète seconde main.

 

Voici les différents services qui m’ont été rendu ces derniers mois :

  • Prêt de sac à dos pour mes vacances
  • Prêt de tenue pour une soirée de noël
  • Prêt de déguisement
  • Prêt de voiture
  • Prêt d’outils (scie et machine à poncer)
  • Garde d’animaux de compagnie (en échange de bons cookies maison)
  • Don de fleurs, de terre et de terreau

 

Avant d’acheter quoi que ce soit, évaluez vos options.

 

Et à un moment, je n’ai plus besoin de rien

À force de renouveler ma garde de robe, je suis arrivée à un point où je suis satisfaite avec tout ce que j’ai. Je trouve même que j’en ai trop. Je me suis imposée la règle suivante : à chaque fois que j’ajoute un vêtement à ma penderie, je dois me séparer d’un autre. J’arrive à la respecter à 80%. Et pour les 20% de laisser-aller, je les récupère en faisant des tris fréquents.

Lorsque ce dont j’ai besoin n’est pas disponible « à la demande » ou par « l’échange », je fais un tour en friperie. Avec le temps, je suis devenue de plus en plus exigeante. Je n’achète plus que de l’optimal. Autant vous dire que je ressors très souvent les mains vides. Mais lorsque je trouve la perle, je la mets.

 

Histoire vraie

À chaque compliment que je reçois sur un vêtement de seconde main, je m’empresse d’annoncer fièrement la source et le prix de mon achat. Résultat :  mon enthousiasme pour la seconde main s’est répandue auprès de mes amies. Au point qu’une de mes amies, Marie, particulièrement douée pour trouver des perles rares, m’envoie des photos à chacune de ses trouvailles. Je peux dire avec fierté que l’élève a dépassé le maitre.

 

Vous aussi, faites comme Marie, trouvez des perles rares, et partagez-les avec moi !

Bye les amis,

 

Photo de couverture: © Shanna Camilleri  – Unsplash

 

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